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La presse en parle - 23/09/2014

Christophe Germain, jamais sans Mathis.

Son palmarès chez Badoit, n'a jamais été égalé. C'est une personnalité. Il est à l'origine de la loi sur le don de RTT qui a été votée fin avril demier. Il vient de recevoir les premiers « Trophées Caractères », organisés par Solimut, en partenariat avec Libération, qui récompensent les initiatives solidaires dans le travail. Mais Christophe Germain se serait bien passé de ce box office.

Portrait d'un parcours hors norme.
Cet homme s est battu contre le temps qui lui a fauche son fils en plein vol 11 ans cancer du foie Mathis a 9 ans et demi quand son père pensant qu il souffre d'une appendicite le conduit a I hôpital ll n'en sortira pas « Ma vie a bascule ce jour là ». Mais l'operateur de production chez Badoit ne s écroule pas, et refuse de baisser les bras Les épreuves il en a déjà surmontées. ll a 8 ans quand ses parents divorcent. Et 15 quand il perd sa mère et un de ses frères dans un accident de la route. Placé chez son père avec ses deux frères de 16 et 12 ans il a 18 ans quand il engage une procédure pour récupérer leur garde et quitter son père (alcoolique). ll rentre alors chez Badoit pour les élever. ll y restera « Je n'avais pas l'autorité d’un père, ni l’amour d’une mère j’ai fait du mieux que j’ai pu » Et modeste avec ça. A peine s’il reconnaît « un parcours de vie accidenté, un peu cabossé quoi ». L’antidote au malheur pour lui comme pour d'autres c’est l’action. Quand l’oncologue lui assène « Mathis a un cancer du foie, le temps est compté ». Et que quelques mois plus tard après une chute on lui découvre une tumeur au cerveau inopérable et qu’on lui annonce « il peut partir du jour au lendemain ». ll faut vivre avec ça et bien sûr rester a son chevet. Pour se consacrer à son fils, Christophe (comme sa femme) épuise ses congés et ses RTT. Puis se met en maladie en accord avec son médecin traitant mais pas avec l'inspecteur de la Sécurite Sociale qui le convoque et lui dit « votre fils a le cancer pas vous, retournez au travail ». C'est ce que Christophe fait la mort dans l’âme et à la grande surprise de ses collègues qui ne comprennent pas son retour. Mais il n a pas le choix, il faut nourrir encore la famille, ils ont aussi une fille. Bouleversé et révolté, son chef, Marc Séon a un éclair de génie. Il fait circuler une feuille anonyme dans l’entreprise ou s’inscrivent les donneurs de RTT, résultat 170 jours récupérés. C'est une première chez Badoit ou la direction donne son feu vert ! Christophe va alors créer son association « d'un papillon à une étoile » et militer pour que le don de RTT soit officialisé. Le Parlement a définitivement autorisé mercredi 30 avril, les salariés à donner anonymement une partie de leurs jours de repos à un collègue dont un enfant est très malade. Pour Christophe et sa femme c'est une victoire « elle vient concrétiser 3 ans de combat. C'est très important pour la mémoire de Mathis. Et ça récompense aussi les efforts et le geste de mes collègues Notre histoire a marqué les esprits. Elle va faire des petits ». Quant aux détracteurs et autres râleurs qui opposent la question de la solidarité universelle ou de l'employeur qui devrait aussi participer à cette générosité, Christophe répond « j’ai apporté ma pierre à l'édifice, ce n’est pas parfait mais on ne va pas construire un mur. On a créé l'association pour cette loi, tout ce que je vois c'est que ces jours nous ont permis d’installer une hospitalisation à domicile. Nous avons pu accompagner Mathis jusqu'au bout. Tous les ans 2000 parents apprennent que leur enfant est atteint d'un cancer et ça ne va pas diminuer. A chaque fois que je retourne au service d'oncologie de St Etienne, je croise des petits nouveaux. Et ils ont besoin de nous. On ne veut pas se contenter de remettre un chèque, on veut du concret. Cet été, ils sont 4 à être partis en camp de voile grâce à nous, c'est un séjour qui coûte cher car il faut une infirmière mais c’est une action concrète qu’on finance comme d'autres à Noel, ou pour d'autres vacances ». Son message est clair, aux théoriciens, la théorie, à lui la pratique.

Propos recueillis par Martine Cuilcher