Gaël Legras : fierté, honneur... et anxiété !

Gaël Legras - Trophées Caractères
News - 15/01/2018

Journaliste de Canal+ et actuellement rédacteur en chef de La Case en Plus animée par Cyrille Eldin, Gaël Legras reste fidèle aux Trophées Caractères en acceptant d'animer la soirée de clôture... pour la 4ème fois !

TC : Thomas Coutrot, économiste et membre du jury cette année, nous expliquait lors des délibérations, que les sociologues s’étonnent que les enquêtes révèlent deux données contradictoires dans les organisations : d’un côté un travail plus dur, plus normé, avec une baisse d’autonomie ; de l’autre un renforcement de la solidarité entre les salariés et avec la hiérarchie. En tant que journaliste et donc observateur de notre société, qu’en pensez-vous ?
GL : Si les sociologues s'en étonnent, je n'aurai pas la prétention de l'expliquer. Je peux simplement partager un sentiment : il me semble que les contraintes génèrent souvent des réponses, des solutions, des astuces vertueuses appropriées. Face à une machine globale écrasante et que l'on ne sait plus comment combattre, les initiatives prises à plus petite échelle représentent les seules armes dont nous disposons encore. Comme disait Camus : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. »

TC : Le projet des Trophées Caractères, c'est valoriser la solidarité au travail. Quatre ans après le lancement de cet événement, les initiatives engagées par des chefs d’entreprises, des salariés, des professionnels indépendants, des associations, des collectivités, ont-elle encore besoin d’être mises en lumière selon vous ?
GL : Plus que jamais. Et pour les mêmes raisons que celles évoquées dans la question précédente. Par ailleurs, ces initiatives doivent être récompensées pour ce qu’elles sont mais aussi pour leur valeur exemplaire. Elles ont ainsi le pouvoir d’inspirer un public encore plus large. 

TC : Les Trophées caractères reposent sur leur organisateur, Solimut Mutuelle de France, qui a cœur de porter haut les valeurs fondatrices du mouvement mutualiste, et sur son partenaire Libération, à ses côtés depuis le début, dont "l’ambition est dans le titre" comme dirait Laurent Joffrin, son directeur. Vous êtes l’animateur de ces prix depuis le départ aussi… ça fait quoi d’être un « pilier historique » ? 
GL : Beaucoup de choses. Fierté, honneur, mais aussi un soupçon d’anxiété. Les « valeurs » que véhiculent cet événement méritent d’être bien défendues. Mon rôle, depuis quatre ans, est d’accompagner au mieux la transmission de ces valeurs. Raison pour laquelle je sens une responsabilité sur mes frêles épaules. Mais puisque vous me qualifiez de pilier, n’est-ce pas la fonction même du pilier de contribuer au soutien d’un édifice ? Enfin, cette soirée du 30 janvier prochain est aussi l’occasion de rencontrer les personnes qui ont mis en place ces initiatives. C’est donc, avant tout, une joie.
 


Bobino, janvier 2017 - ©Jean-Pierre Attal